Développement web
Comment choisir une agence web en Suisse : 12 questions à poser avant de signer
Une checklist pour les entreprises suisses qui mandatent une agence web, un freelance ou une équipe de développement : 12 questions qui séparent une offre solide d'une offre risquée, les signaux d'alerte, la comparaison des offres et le bon contrat.
L'essentiel
- Obtenez la propriété par écrit. La règle suisse qui attribue à l'employeur les droits d'utilisation sur les logiciels (art. 17 LDA) vise les employés, pas les agences ni les freelances : le contrat doit donc céder les droits ou accorder une licence.
- Enregistrez le domaine, l'hébergement, les comptes d'analytics et la Search Console au nom de votre entreprise, et ajoutez le prestataire comme utilisateur.
- Une refonte exige un plan de redirection URL par URL. Google recommande de conserver les redirections permanentes pendant au moins un an.
- Comparez les offres sur le même périmètre et sur trois ans, en séparant coûts uniques et coûts récurrents, et en vérifiant la TVA.
- Adaptez le contrat au degré d'incertitude : prix forfaitaire pour un périmètre clair, régie pour un travail qui évolue, phases pour la plupart des sites avec intégrations.
Choisissez le partenaire web capable de vous dire par écrit qui construit votre site, à qui appartiennent le code et les comptes, où le site est hébergé, comment le périmètre et les modifications sont facturés, et ce qui se passe après la mise en ligne. Les références et le prix comptent aussi, mais ce sont ces réponses qui décident si le site reste le vôtre et fonctionne encore la troisième année. Cette checklist s’adresse aux PME suisses qui créent ou remplacent leur site d’entreprise, avec ou sans boutique en ligne ou portail client. Elle compare les manières d’organiser le travail, propose 12 questions à poser à chaque prestataire présélectionné, puis passe en revue les signaux d’alerte, la comparaison des offres et les modèles de contrat.
Agence, freelance, équipe interne ou offshore : quel modèle choisir ?
Choisissez le modèle selon la part de coordination que vous pouvez assumer vous-même. Un freelance convient à un petit site bien défini que vous pouvez suivre de près. Une agence convient aux projets où design, développement, contenu et SEO doivent suivre un seul plan. Un développeur interne devient rentable quand le site change chaque semaine. Les équipes offshore et nearshore font baisser le tarif horaire, mais vous transfèrent la gestion de projet et une bonne partie du risque.
| Modèle | Adapté à | Points de vigilance |
|---|---|---|
| Agence locale | Sites d’entreprise multilingues, refontes avec migration SEO, sites reliés à un CRM, une boutique en ligne ou un système de réservation | Des seniors pour la présentation, des juniors sur le projet ; une sous-traitance dont on ne vous a rien dit |
| Freelance | Petits sites au cahier des charges clair ; extension d’un site que le freelance connaît déjà | Une seule personne : vacances, maladie ou agenda plein, et le travail s’arrête ; profondeur limitée en design ou en SEO |
| Développeur interne | Sites et applications web qui changent chaque semaine ; entreprises dotées d’une équipe produit | Le salaire, plus les outils, l’hébergement et la permanence sécurité ; une seule embauche couvre rarement design, SEO et développement |
| Équipe offshore ou nearshore | Projets plus importants avec un cahier des charges détaillé et un product owner de votre côté | Fuseaux horaires, langue, moins de familiarité avec les règles suisses (LPD, consentement pour l’e-mail marketing, TVA) et avec des contenus en quatre langues |
Beaucoup d’entreprises combinent les modèles : une agence construit le site, puis une personne chargée du marketing à l’interne gère le CMS.
Quelles 12 questions poser avant de signer ?
Posez des questions sur la propriété, les personnes, le périmètre, le CMS, les langues, l’hébergement et les données, la sécurité, l’accessibilité, la migration SEO, la maintenance, la remise du projet et les références. Demandez les réponses dans l’offre ou dans le contrat, pas seulement lors d’un appel. Un prestataire qui a l’habitude de ces projets répond à la plupart d’entre elles en quelques lignes. Ce sont les réponses vagues sur la propriété, les redirections et la maintenance qui coûtent cher par la suite.
1. À qui appartiennent le code, les fichiers de design, le domaine et les comptes ?
Lorsque des employés écrivent un logiciel dans le cadre de leur travail, l’employeur est seul autorisé à exercer les droits d’utilisation (art. 17 de la loi fédérale sur le droit d’auteur, LDA). Cette règle vise le contrat de travail. Elle ne couvre pas un contrat avec une agence ou un freelance, et l’acquisition d’un exemplaire d’une œuvre n’emporte pas le droit de l’exploiter (art. 16 al. 3 LDA). Le contrat doit donc vous céder les droits sur le code et le design développés pour vous, ou vous accorder une licence étendue, et lister ce qui reste sous licence de tiers : thèmes, plugins, polices, images de banques d’images. Enregistrez le domaine, l’hébergement, le compte d’analytics, la Google Search Console et le Profil d’Établissement Google au nom de votre entreprise, et ajoutez le prestataire comme utilisateur.
2. Qui va réellement construire le site ?
Demandez les noms et les rôles des personnes affectées à votre projet : chef de projet, designer, développeur, et la personne qui rédige ou traduit les contenus. Demandez si une partie est sous-traitée, à qui et dans quel pays. Rencontrez la personne qui écrira le code avant de signer. Si la réponse est « nous constituerons l’équipe après le lancement du projet », votre calendrier dépend de quelqu’un qui n’a pas encore été engagé.
3. Comment le périmètre est-il fixé, et comment les modifications sont-elles facturées ?
Un périmètre exploitable liste les gabarits de page, les fonctionnalités et les intégrations (formulaires, CRM, newsletter, réservation, boutique), les langues, qui fournit les textes et les images, et le nombre de cycles de corrections. Les modifications doivent suivre un processus écrit : une courte estimation, votre accord, puis le travail. Demandez le tarif horaire ou journalier applicable aux modifications, pour que chaque demande ait un prix connu.
4. Quel CMS proposez-vous, et pourquoi celui-ci pour nous ?
WordPress, un CMS headless, une solution basée sur Git ou un créateur de sites hébergé peuvent chacun être la bonne réponse. C’est l’adéquation qui tranche : qui modifie le site et à quelle fréquence, si les contenus ont besoin de champs structurés (produits, adresses, membres de l’équipe), le coût des licences et la manière dont les mises à jour se font. Demandez de combien de plugins tiers le site dépendra et qui les met à jour. Avec un CMS que votre équipe n’arrive pas à utiliser, c’est l’agence qui finit par modifier chaque page.
5. Comment gérerez-vous le français, l’allemand, l’italien et l’anglais ?
Google recommande une URL distincte pour chaque version linguistique, avec des annotations hreflang qui relient les versions entre elles, et déconseille de rediriger automatiquement les visiteurs selon leur langue ou leur adresse IP. Demandez comment le prestataire met en place les URL localisées, comment le sélecteur de langue trouve la page correspondante et qui traduit. Google détermine la langue d’une page à partir de son texte visible : chaque version doit donc être rédigée correctement, idéalement adaptée par quelqu’un qui écrit dans cette langue.
6. Où le site est-il hébergé, et où vont les données des formulaires ?
La loi fédérale sur la protection des données révisée (LPD), en vigueur depuis le 1er septembre 2023, autorise la communication de données personnelles à l’étranger vers les pays dont le Conseil fédéral reconnaît le niveau de protection adéquat, ou moyennant des garanties comme des clauses contractuelles types approuvées (art. 16 LPD). Demandez où se trouvent l’hébergement, les sauvegardes, les données des formulaires, l’outil d’analytics et le service d’envoi d’e-mails, et lesquels de ces services traitent des données personnelles pour votre compte (art. 9 LPD). Vous avez besoin de cette liste pour votre déclaration de protection des données (art. 19 LPD).
7. Comment gérez-vous la sécurité, et qui intervient en cas d’incident ?
Demandez comment et à quelle fréquence les mises à jour du CMS, des plugins et du serveur sont appliquées, si les comptes administrateur utilisent l’authentification à deux facteurs, où les sauvegardes sont stockées et quand une restauration a été testée pour la dernière fois, et comment les formulaires sont protégés contre le spam. Demandez ensuite qui appeler si le site est piraté. Une violation de la sécurité des données entraînant vraisemblablement un risque élevé doit être annoncée au PFPDT dans les meilleurs délais (art. 24 LPD) : le plan d’intervention ne peut pas commencer par la recherche d’un numéro de téléphone.
8. Quel niveau d’accessibilité visez-vous, et comment le testez-vous ?
La cible pratique est le niveau AA des WCAG 2.2, la norme du W3C publiée en octobre 2023. Si vous vendez en ligne à des consommateurs dans l’UE, vérifiez si l’acte européen sur l’accessibilité (European Accessibility Act), applicable aux services de commerce électronique depuis le 28 juin 2025, vous concerne. Demandez comment le prestataire teste : les outils automatiques ne détectent qu’une partie des problèmes, le plan doit donc inclure la navigation au clavier, l’ordre du focus, les contrastes et des tests avec un lecteur d’écran sur de vrais gabarits.
9. Comment protégerez-vous notre référencement pendant la refonte ?
Une refonte qui change les URL exige un plan de redirection : chaque ancienne URL qui reçoit du trafic ou des liens pointe vers son équivalent le plus proche, avec une redirection permanente (301 ou 308). Google recommande de conserver ces redirections au moins un an et de ne pas tout envoyer vers la page d’accueil. Demandez qui établit l’inventaire des URL, qui teste les redirections avant la mise en ligne et qui surveille la Search Console ensuite. Si une offre de refonte ne mentionne pas les redirections, ajoutez-les au périmètre.
10. Que comprend la maintenance après la mise en ligne ?
Obtenez les conditions par écrit : quelles mises à jour sont incluses et à quelle fréquence, surveillance et sauvegardes, délais d’intervention en cas de panne et pour les petites demandes, heures de modifications incluses, tarif des travaux supplémentaires et délai de résiliation. « Support inclus » sans ces précisions signifie que personne ne s’est mis d’accord sur ce que recouvre le support.
11. Que recevrons-nous lors de la remise du projet ?
Au minimum : un accès administrateur à chaque système, le code source dans un dépôt que vous contrôlez, la liste des services tiers avec leurs dates de renouvellement et leurs coûts, les instructions de déploiement et de sauvegarde, et un court guide pour vos rédacteurs. Pour les fonctionnalités développées sur mesure, ajoutez une description de l’architecture et du modèle de données. C’est cette documentation qui vous permet de changer de prestataire sans repartir de zéro.
12. Quelles références pouvons-nous appeler ?
Demandez deux ou trois clients ayant mené un projet comparable, idéalement un site mis en ligne il y a plus d’un an, et appelez-les. Demandez ce qui s’est mal passé et comment le problème a été réglé, et s’ils feraient de nouveau appel au prestataire. Regardez les sites en ligne, pas seulement des captures d’écran.
Quels sont les signaux d’alerte dans l’offre d’une agence web ?
Les signaux d’alerte sérieux touchent au contrôle et au flou : des comptes au nom du prestataire, pas de périmètre écrit, des promesses que personne ne peut tenir et aucun plan pour les URL de l’ancien site. Chacun peut être corrigé en négociation. Plusieurs à la fois signifient généralement que le prestataire vend la réalisation et vous laisse le risque.
- Le domaine, l’hébergement ou le compte d’analytics est enregistré au nom du prestataire « pour simplifier ».
- Un prix sans liste de gabarits, de fonctionnalités ou de langues, ou des « corrections illimitées ».
- Un CMS propriétaire sans export des contenus ni possibilité de déplacer le site.
- Une offre de refonte sans plan de redirection.
- Des premières places garanties sur Google ou des mentions garanties dans les réponses de ChatGPT. Personne ne contrôle ni l’un ni l’autre ; notre article sur le GEO explique ce qui peut être influencé.
- Aucune équipe nommée, ou une équipe qui change après la signature.
- Le paiement intégral à l’avance, ou un paiement final qui n’est pas lié à la réception du travail.
- Une ligne « maintenance » sans heures, délais d’intervention ni délai de résiliation.
Comment comparer des offres qui ne se ressemblent pas ?
Placez chaque offre dans la même grille avant de regarder les totaux. Séparez les coûts uniques des coûts récurrents, ajoutez trois ans d’hébergement, de licences et de maintenance, et vérifiez que chaque offre couvre les mêmes gabarits, langues, intégrations et travaux de migration. L’offre la moins chère exclut souvent le contenu, les redirections ou la maintenance, que vous achetez ensuite séparément.
| À comparer | Pourquoi c’est important |
|---|---|
| Périmètre : gabarits, fonctionnalités, intégrations, langues | Des offres chiffrées sur des périmètres différents ne sont pas comparables |
| Contenu : qui le rédige, le traduit et le met en ligne | Souvent le plus gros coût caché d’un site en quatre langues |
| Migration SEO et redirections | Absentes de nombreuses offres de refonte |
| Coûts uniques et récurrents sur trois ans | Hébergement, licences, plugins et maintenance s’additionnent |
| TVA | Vérifiez si les prix incluent le taux normal de 8,1 % |
| Tarif des modifications | Fixe le coût de chaque demande après la mise en ligne |
| Échéancier de paiement et réception | Lie les paiements à un travail livré et testé |
| Clauses de propriété et de remise | Déterminent si vous pourrez changer de prestataire plus tard |
Pour les fourchettes publiées par les agences suisses et les principaux facteurs de coût, voir combien coûte un site web d’entreprise en Suisse.
Prix forfaitaire, régie ou phases : quel modèle de contrat choisir ?
Le prix forfaitaire convient à un périmètre que vous pouvez décrire entièrement aujourd’hui. La régie convient à un travail qui évoluera à mesure que vous en apprenez davantage, comme une application web ou une optimisation continue. Un contrat par phases convient à la plupart des sites d’entreprise avec intégrations : une phase de découverte au forfait, puis des phases forfaitaires ou plafonnées, pour que vous ne vous engagiez sur chaque étape qu’une fois que la précédente a débouché sur un plan clair.
| Modèle | Fonctionnement | Adapté à | Risque à maîtriser |
|---|---|---|---|
| Prix forfaitaire | Un périmètre convenu pour un montant convenu | Sites d’entreprise et refontes avec une arborescence claire | Litiges sur le périmètre, marge de sécurité intégrée au prix, demandes de modification |
| Régie | Vous payez les heures effectuées, souvent avec un plafond mensuel | Applications web, amélioration continue, besoins encore flous | Maîtrise du budget ; exige un product owner impliqué de votre côté |
| Par phases (jalons) | D’abord la découverte, puis chaque phase chiffrée et validée séparément | Refontes multilingues, sites avec intégrations, portails | Chaque phase a besoin de critères de réception |
Le Code des obligations ajoute un angle juridique. La réalisation d’un site à prix forfaitaire relève plutôt du contrat d’entreprise (art. 363 CO) : un prix fixé d’avance à forfait lie en principe l’entrepreneur, même si l’ouvrage demande plus de travail que prévu (art. 373 CO). Des prestations continues en régie se rapprochent davantage du mandat (art. 394 CO), que chaque partie peut révoquer ou répudier en tout temps (art. 404 CO). La qualification d’un contrat informatique dépend de son contenu : faites relire les contrats importants.
Les annuaires et les avis vous apprennent-ils quelque chose ?
Ils aident à établir une liste restreinte, pas à décider. Les annuaires comme Clutch et Sortlist, les avis Google et les fiches d’entreprises locales montrent qui est actif et ce que disent les clients. Lisez le texte des avis, vérifiez les dates et les types de projets, et contrôlez l’entreprise au registre du commerce via Zefix. Décidez ensuite avec les 12 questions et un entretien avec une référence.
Une note en dit peu sur l’adéquation : cinq étoiles pour un site d’une page ne vous apprennent rien sur une refonte en quatre langues avec intégration CRM. Cherchez des avis qui décrivent des projets comparables au vôtre et qui expliquent comment les problèmes ont été réglés.
Comment Sensaria répond à ces questions
Posez-nous les mêmes 12 questions. Après une courte phase de découverte, nous vous envoyons une offre à prix forfaitaire ou par phases qui précise le périmètre, l’équipe, l’hébergement et la remise du projet. Les sites que nous avons réalisés montrent comment nous traitons les aspects les moins spectaculaires : sur le benchmark de délivrabilité e-mail que nous avons développé, des tests automatisés contrôlent la longueur et l’unicité de chaque titre de page et de chaque meta description, et un audit des liens internes tourne avant chaque build de production.
Vous préparez un nouveau site d’entreprise ou une refonte ? Découvrez notre approche de la création de sites internet ou demandez une offre.
Sources
- Loi fédérale sur le droit d'auteur et les droits voisins (LDA), RS 231.1, Fedlex
- Loi fédérale sur la protection des données (LPD), RS 235.1, Fedlex
- Code des obligations (CO), RS 220, Fedlex
- Déplacer un site en modifiant les URL, Google Search Central
- Gérer des sites multirégionaux et multilingues, Google Search Central
- Règles pour l'accessibilité des contenus Web (WCAG) 2.2, W3C
- Directive (UE) 2019/882 (acte européen sur l'accessibilité), EUR-Lex
- Taux de TVA applicables en Suisse, Administration fédérale des contributions (AFC)
- Zefix, Index central des raisons de commerce des registres du commerce suisses